Un discours n’est ni tout à fait la réalité, ni tout fait une abstraction, mais possède sa propre matérialité.

Entre langage et réalité, un discours dispose d’un point d’ancrage dans l’espace, (où et quand a-t-il été prononcé, quels étaient les protagonistes, l’auditoire, etc…) et un autre dans le temps, (la mémoire des énoncés passés que le discours présent réactualise, la position qu’il occupe vis-à-vis d’eux, etc…).

Les écarts et autres interventions spontanées qui bouleversent une ligne de conduite admise ou au contraire des propos convenus, apparaissent comme des indicateurs d’une pensée et d’un comportement.

Ainsi les propos disconvenants, tenus par le Président de la ligue de rugby d’Occitanie, M. Alain Doucet, à l’occasion du repas d’avant match entre Céret et Dijon, s’inscrivent en décalage vis-à-vis de ce qui est communément admis.

Il est surprenant qu’un responsable de ce niveau (Président de club puis Président de Comité pendant 6 ans puis Secrétaire Général de le FFR pendant 15 ans puis, depuis 2017, Président de la ligue d’Occitanie) se laisse aller à ″penser tout haut″.

L’avenir nous dira comment ce dirigeant ou l’institution qu’il représente commentera ces propos : mea culpa, déni, minimisation ou détournement de propos par ceux qui les ont relayés.