Histoire du rugby à XIII

Des origines britanniques à nos jours...

La légende

La légende voudrait qu’au cours d’une partie de football à la mi-1823, William Webb Ellis, élève du collège de la ville de Rugby (la Rugby School) et futur pasteur, porta dans ses bras le ballon derrière la ligne de but adverse alors que la tradition était de le pousser au pied.

 

Le début de l’histoire

En réalité, les origines du rugby sont bien plus complexes. Les collèges britanniques de l’époque pratiquaient chacun un jeu de ballon dérivé de la soule. Chaque collège avait ses propres règles et le jeu au pied et à la main étaient fréquents.

Avec l’apparition du chemin de fer, les collèges ne vont plus être isolés et des rencontres sportives vont devenir possibles. Il faut bien, dès lors, se mettre d’accord sur les règles à adopter. On voit ainsi, dans les premières rencontres, les matchs se dérouler selon la règle du collège qui reçoit.

La genèse du rugby, en dehors de cette légende, s’inscrit dans le contexte du développement de la pratique de sports « collectifs » dans l’éducation des public schools, notamment la Rugby School avec à sa tête le headmaster (directeur) Thomas Arnold, qui vise dans les années 1830 à rééduquer les enfants des classes aisées (haute bourgeoisie et aristocratie). Cet éducateur britannique s’appuie alors sur les sports athlétiques, notamment le football rugby, pratique populaire lors des fêtes des campagnes et dont les valeurs viriles et guerrières doivent permettre à ces jeunes de pouvoir se maîtriser dans un affrontement violent, de fortifier leur corps pour mieux pouvoir le soumettre à la morale victorienne.

Cette pédagogie doit également leur apprendre à diriger les institutions et entreprises. Cette pratique sportive d’Arnold se diffuse progressivement dans d’autres écoles grâce aux élèves et aux enseignants passés par Rugby.

 

Schisme entre Football et Rugby

Mais très vite, se fait sentir le besoin d’avoir des règles plus uniformes. S’ensuivirent des querelles entre les partisans d’un jeu favorisant le droit de donner des coups (hacking) et les partisans du jeu au pied (dribbling) qui voulaient limiter ce jeu jugé trop violent (il faut se rendre compte que le jeu de l’époque diffère de celui pratiqué aujourd’hui). De cette querelle naîtra le Football Association (soccer ou football [abusivement utilisé]) et le Rugby-Football du nom de leur organisation respective.

Cette pratique, qui faisait désormais la particularité du football joué dans la Rugby School, autrement dit les Rugby School rules ou le rugby football, sera codifiée pour la première fois le 7 septembre 1846 à Rugby, par une assemblée solennelle des meilleurs joueurs du collège, puis en 1851 à la Edinburgh Academy et le 8 décembre 1863, à Cambridge, par les étudiants de cette université, tous d’anciens élèves de Rugby.

Le « Rugby-Football » était né. L’écriture des règles permet la diffusion du jeu et le Dublin University Football Club, fondé en 1854, est le premier club au monde à pratiquer les Rugby School rules. Dès 1857, les règles sont exportées en Australie et le premier club, le Sydney University Football Club, y est fondé en 1863.

Le club de Blackheath RC est à l’origine du schisme entre football et rugby. Le 26 octobre 1863, le club participe à la fondation de la fédération anglaise de football, la Football Association (FA) à Londres.

L‘un des objectifs est d’unifier les règles et d’adopter celles qui sont les plus « acceptables » à l’intérieur d’un cadre commun, les fameuses « lois du jeu ». Le trésorier est un membre de Blackheath, Francis Maude Campbell. Rapidement, Campbell se trouve en opposition avec la direction prise par les débats car la majorité entend adopter les « Règles de Cambridge » qui bannissent l’utilisation des mains et limitent les contacts. Or, si Blackheath est prêt à des concessions, il n’est pas question d’éliminer le « hacking », c’est-à-dire les contacts directs, que lui et son club considèrent comme essentiel. Blackheath a rédigé son propre code et l’article 10 stipule : « s’il est autorisé de tenir tout joueur pris dans un regroupement (scrimmage), il est en revanche interdit d’essayer d’étrangler ou d’asphyxier, car cela va à l’encontre des principes du jeu » (sic).

Bref, interdire le « hacking » revenait à dévoyer la pratique en lui ôtant « le courage et le cran ». Campbell déclare lors d’une réunion de la FA : « je me fais fort de vous amener un grand nombre de Français qui vous battront après une seule semaine d’entraînement ». De ce fait, lors de la sixième réunion de la FA, Campbell annonce que son club se retire pour pouvoir continuer à pratiquer « son » football.

C’est ainsi que Blackheath joue un rôle majeur dans l’établissement des sports d’équipe modernes, en s’attachant à ce qui devient le « rugby football », c’est-à-dire le football joué selon les règles de l’école privée de la ville de Rugby.

D’autres clubs suivent Blackheath, notamment le Richmond Football Club. Les affrontements semestriels avec Richmond, le plus ancien affrontement régulier entre deux clubs de l’histoire du rugby, sont instaurés le 19 décembre 1868.

Le 26 janvier 1871, des représentants de Blackheath se retrouvent, à l’instigation des dirigeants de Richmond, au restaurant Pall Mall dans le centre de Londres pour créer avec les délégués de 19 autres clubs la Rugby Football Union (RFU) pour mettre au point un « code de pratique », c’est-à-dire des règles unifiées pour le rugby.

Plaque commémorative de la création de la Rugby Football Union (RFU) au restaurant Pall Mall dans le centre de Londres.

Cette année 1871 voit aussi l’Écosse et l’Angleterre s’affronter le dimanche 27 mars 1871. C’est la première rencontre internationale jamais disputée. Le match a lieu à Raeburn Place, situé à Édimbourg. L’Écosse l’emporte 4-1 devant 4 000 personnes.

Il est disputé par deux équipes de 20 joueurs, en deux mi-temps de 50 minutes. Les Écossais gagnent le match par 1 essai et 1 but marqués contre 1 essai pour les Anglais.

La première équipe d’Irlande contre l’Angleterre le 15 février 1875.

Progressivement, la RFU va adopter différentes règles pour améliorer le jeu, comme la suppression de certains coups dangereux, l’autorisation de la passe à la main en 1875, la diminution du nombre de joueurs de vingt à quinze en 1877.

 

Schisme des rugbys, rugby League (XIII) et rugby Union (XV)

Pendant ce temps, le professionnalisme est autorisé en 1885 pour le football et le premier championnat de ce sport se dispute en 1888-1889. La création du championnat n’est pas le fait de la Fédération mais une initiative des clubs cherchant à présenter un calendrier stable et cohérent.

L‘existence d’un réseau ferroviaire de plus en plus étendu rend possible cette évolution initiée par William McGregor, président d’Aston Villa. Ce premier championnat est professionnel, et aucun club du Sud du pays n’y participe.

L‘Angleterre est alors coupée en deux : le Nord acceptant pleinement le professionnalisme et le Sud le rejetant. Cette différence a des explications sociales.

Le Sud de l’Angleterre est dominé par l’esprit classique des clubs sportifs réservés à une élite sociale. Dans le Nord dominé par l’industrie, le football professionnel est dirigé par des grands patrons n’hésitant pas à rémunérer leurs joueurs pour renforcer leur équipe, de la même façon qu’ils recrutent de meilleurs ingénieurs pour renforcer leurs entreprises.

Pendant cinq saisons, le championnat de football se limite aux seuls clubs du Nord. Le club londonien d’Arsenal passe professionnel en 1891. La ligue de Londres exclut alors de ses compétitions les Gunners d’Arsenal qui rejoignent la compétition du nord en 1893.

La Southern League de football est créée en réaction (1894). Cette compétition s’ouvre progressivement au professionnalisme mais ne peut pas éviter les nombreux départs de clubs du sud vers la compétition organisée par le nord.

En rugby, dès les années 1880, se pose la même problématique.

Le schisme du rugby en deux sports distincts prend grandement sa source dans la césure sociologique distinguant les clubs huppés d’Angleterre méridionale de ceux à recrutement plus prolétaire du nord du pays.

C‘est en effet tant l’opposition des notables dirigeant alors le rugby que celle des joueurs du Sud majoritairement issus des milieux estudiantins qui interdit aux équipes des comtés du Yorkshire et du Lancashire d’autoriser non pas la rémunération de leurs rugbymen mais les compensations des heures non travaillées et remboursement des frais engagés dans le transport ferroviaire par ces hommes demeurés souvent ouvriers, mineurs ou petits employés.

La rupture entre les 2 rugbys exprime l’antagonisme entre classes sociales et de ce fait l’opposition régionale entre le nord et le sud.

Au cours des années 1890, « sudistes », ardents défenseurs du plus strict amateurisme, et « nordistes », partisans de la reconnaissance du « manque à gagner » et du remboursement des frais médicaux issus des blessures récoltées durant les matchs, s’opposent avec de plus en plus de violence.

Les classes dirigeantes sont très fortement marquées par la tradition de l’amateurisme. L’amateur était celui qui avait suffisamment de revenus pour ne pas avoir besoin d’être payé pour jouer, c’était le gentleman. Le joueur, lui, était celui qui devait être indemnisé ou rémunéré.

L’aristocratie est très prégnante à cette époque et les barons et baronnes, ducs et duchesses ou comtes et comtesses aiment se sentir supérieurs et l’argent ne change rien à l’affaire, on fera comprendre à un riche roturier qu’il restera roturier. Idem pour le cursus scolaire, l’école privée reste la référence. Cette distinction est fondamentale pour comprendre la philosophie et l’éthique anglaise.

Dès 1891, soit un an après la création de l’International Board, instance internationale du rugby chargée de la gestion du jeu et de ses règles, les clubs du Nord réclament une aide pour rembourser aux ouvriers le temps de travail perdu à cause des matchs disputés le samedi, jour ouvré, mais la Rugby Football Union (RFU) refuse.

Réunis le 29 août 1895 au George Hôtel d’Huddersfield, 21 clubs du Yorkshire (Batley, Bradford, Brighouse Rangers, Halifax, Huddersfield, Hull, Hunslet, Leeds, Liversedge, Manningham et Wakefield) et du Lancashire (Broughton Rangers, Leigh, Oldham, Rochdale, Saint Helens, Tyldesley, Warrington, Widnes et Wigan) décident de payer le « manque à gagner » (six shillings) à leurs joueurs et font sécession en créant une fédération autonome, la Northern Rugby Football Union. C’est l’origine du rugby à XIII.

Le samedi 7 septembre 1985 démarre le premier championnat de la Northern Rugby Football Union, une compétition à dix matchs.

Deux ans, plus tard, Batley remporte aux dépens de St Helens la première édition de la Challenge Cup (coupe d’Angleterre) par 10 à 3. La finale a lieu à Leeds-Headingley. Parallèlement, les responsables fédéraux étudient diverses modifications des règles, en particulier la suppression de la touche.

Le mardi 19 juillet 1898, ils légalisent le professionnalisme.

Cependant il faudra attendre 1906 pour que le nombre des équipiers passe de 15 à 13 et que la mêlée ouverte soit remplacée par le tenu.

La Northern Rugby Football Union se propage au Pays de Galles en 1907 et à l’Australie et la Nouvelle-Zélande en 1908.

En 1922, la Northern Rugby Football Union disparait, lui succède la Rugby Football League.

La Rugby Football League (RFL) est, aujourd’hui, l’instance gérant le rugby à XIII au Royaume-Uni. Elle gère l’équipe nationale, la Challenge Cup (Coupe d’Angleterre), la Super League (première division professionnelle), le Co-operative Championship (deuxième division professionnelle) et la League One (troisième division semi-professionnelle). Elle administre, en association avec la British Amateur Rugby League Association, le secteur amateur du rugby à XIII.

Le rugby à XIII sera introduit en France en 1934 après que le rugby français (à XV) soit exclu du tournoi des cinq nations pour amateurisme marron et jeu déloyal sur le terrain (brutalité).

L’ancêtre de la Fédération internationale de rugby à XIII est créée en 1927 sous le nom d’ Imperial Rugby League. Lui succédera à partir du 25 janvier 1948, l’International Rugby League qui organisera la première Coupe du Monde de Rugby à XIII en 1954 (à Paris). Elle est remplacée, depuis 1998, par la Rugby League International Federation (RLIF).

 

En France

Ce sont des expatriés anglais qui ont joué pour la première fois au rugby, ou à l’une de ses formes, en France, dans le cadre du Havre Athletic Club, en Normandie. C’était en 1872.

Le véritable rugby fut importé à Paris par l’English Taylors Club l’année suivante. En 1888, on recensait trois clubs dans la capitale. Dès les premières années, l’aristocratie et la grande bourgeoisie françaises s’emparèrent de ce sport, y voyant un moyen de retremper le moral de la caste des officiers après la défaite humiliante de la guerre de 1870.

Un des tout premiers joueurs français fut Henri Alain Fournier. Sous son nom de plume, Alain-Fournier, il a écrit Le Grand Meaulnes, roman classique sur un amour d’adolescence. Parmi sa correspondance, on a conservé des lettres adressées à des amis, joueurs parisiens, où il les invitait à venir prendre part à des matchs en bord de fleuve, dans le parc de Bagatelle, entre le bois de Boulogne et une large anse de la Seine.

Mais pourquoi, après avoir commencé comme un sport d’officiers à Paris, le rugby s’est-il transformé en un jeu de paysans dans le Sud-Ouest ?

Au Royaume-Uni, le rugby a prospéré dans toutes les classes, ouvrière, moyenne ou supérieure, ou chez les mineurs et les agriculteurs des pays celtes. Or, en Bretagne, il n’a jamais réussi à s’implanter.

Il a été introduit dans le sud-ouest par J. J. Shearer, homme d’affaires écossais installé à Bordeaux. “Dans le Sud, le rugby n’a pas vraiment surgi des caves à vin, mais, en particulier avant la Première Guerre mondiale, il sentait distinctement le bouchon”, note Jean Lacouture. Ce dernier fait remonter le développement du rugby football dans le Sud-Ouest à la victoire du Stade Bordelais sur un club parisien lors du championnat national de 1899.

Ensuite, le rugby s’est répandu comme une traînée de poudre dans les bourgs et villages du Sud et du Sud-Ouest. Ce jeu est devenu incroyablement populaire dans le Sud-Ouest en tant que manifestation du « nationalisme » et de l’orgueil régional, expression de la résistance à Paris, qui cherchait à réduire au silence les cultures locales.

Dans le Sud-Ouest aussi, le rugby a avant tout passionné les villages et les bourgs plutôt que les villes. Dès le début, il a été pratiqué par de robustes jeunes fermiers et viticulteurs. La force motrice n’en était pas seulement l’orgueil régional, mais la “fierté locale villageoise”. Le rugby est devenu un moyen de canaliser les antagonismes qui existaient depuis des siècles entre vallées et coteaux, villages et villages. Quelles qu’en soient les raisons, dans les années 1920 et 1930, le rugby français était devenu un sport géré au niveau national par des « aristos parisiens », mais joué par des paysans dans le Sud-Ouest. Mais les aristos n’ont pas tardé à en perdre le contrôle.

La vision altière qu’avaient les Anglais du rugby, et que partageaient généralement les administrateurs aristocrates français, a été piétinée par les joueurs ruraux. S’ils ont adopté avec enthousiasme le style de passes flamboyant que Paris avait développé, l’idée de jouer pour la beauté du sport les a laissés de marbre. Pour les aficionados des campagnes gasconnes, le véritable objectif du rugby, c’était de faire mordre la poussière, au sens littéral du terme, au village d’à côté.

Les avantages financiers et même les primes de transfert devinrent monnaie courante. Tout comme la violence. Les arbitres se faisaient passer à tabac. On a déploré plusieurs décès. Un joueur international a même été condamné à une peine de prison avec sursis pour un plaquage haut qui avait causé la mort d’un de ses adversaires âgé de 18 ans, lors d’une demi-finale du championnat de France.

D’aucuns estiment que c’est là que se trouve l’origine de la brutalité caractéristique du jeu français de ces années. Au début des années 1930, cette violence a aussi touché les matchs internationaux, notamment contre l’Angleterre et le pays de Galles. Par ailleurs, les rumeurs de professionnalisme rampant ont contribué à mécontenter la Direction Internationale de la Fédération de rugby.

En 1931, la France fut expulsée du Tournoi des Cinq Nations. Le rugby à XV, en tant que sport organisé, était fragilisé.

C’est alors qu’est arrivé le rugby à XIII. Ce rival, un temps baptisé « néorugby », a déferlé sur le Sud-Ouest comme le discours de Martin Luther dans l’Eglise catholique corrompue du XVIe siècle.

 

Arrivée du rugby League en France

Alors que depuis la fin du XIXe, en Grande-Bretagne, les appellations des deux rugbys sont bien distinctes, avec rugby Union pour le rugby à XV et rugby League pour le rugby à XIII, en France l’arrivée et la rapide émergence du second ne lui permettent que d’accoler la dénomination « à XIII » derrière le mot rugby.

Ainsi, le mot rugby désignant, par définition, dans la conscience collective et les médias, le rugby à XV, accrédite l’idée qu’il n’y aurait qu’un seul rugby… Ce très lourd handicap en terme de communication pour le rugby à XIII se retrouve toujours de nos jours.

Le rugby à XIII a été introduit en France par un certain Jean Galia, champion de boxe et deuxième ligne de rugby à XV qui devint, par la force des choses, joueur et dirigeant du rugby à XIII.

Avant de talent, né à Ille-sur-Têt, ayant débuté à l’US Quillan avant de partir à l’USAP, ce Catalan migra à Villeneuve sur lot dont il devint le capitaine de l’équipe de rugby à XV, le Club Athlétique Villeneuvois (CAV XV) en 1930 (Champion de France en 1929 avec l’US Quillan, vice-champion en 1928 et 1930, international, 20 sélections en équipe de France, 3 essais de 1927 à 1931, participe au Tournoi des Cinq Nations durant ces cinq années et fit partie de la 1re équipe de France qui vainquit l’Angleterre en 1927 et le Pays de Galles en 1928).

Il fut radié en janvier 1933 par les notables de la Fédération Française de Rugby (XV), bien plus pour les mauvais rapports qu’il entretenait avec eux que pour son non-respect contesté des règles de l’amateurisme (auxquelles à l’époque peu de dirigeants français ne rendaient en fait totalement grâce). Il était accusé d’avoir acheté le transfert d’un joueur de l’USAP (effectuant son service militaire à Agen) en faveur du CAV XV. La Fédération espérait surtout que cette radiation « exemplaire » la ferait rentrer en grâce auprès de la RFU et lui permettrait de réintégrer le Tournoi des Cinq Nations. Pour cette affaire, le CAV XV fut suspendu de championnat de novembre 1932 à mai 1933.

Contacté à l’hiver 1933 par les Britanniques de la RFL (XIII) (qui le considéraient comme le meilleur avant d’Europe du rugby à XV), Galia « monta » rapidement la première équipe treiziste française avec laquelle, en mars 1934, il fit une mémorable tournée en Angleterre, en étant à la fois le capitaine et le manager. Cette équipe appelée les Galia’s boys a été formée de 17 joueurs en délicatesse ou débauchés du monde quinziste.

A partir de cette tournée, en raison d’un nombre sans cesse croissant de personnes conquises par ce nouveau jeu, plus rapide et spectaculaire que son frère quinziste, des clubs basculent de la FFR (XV) vers la Ligue Française de Rugby à XIII (LFR XIII fondée le 6 avril 1934) ou sont créés par des ex-dirigeants de clubs de la FFR. Le nombre des clubs et des licenciés augmentent très rapidement.

Dès la saison 1934-1935, on comptait 14 équipes dans le championnat treiziste semi-professionnel (notamment SA Villeneuve-sur-Lot, Albi XIII, Bordeaux XIII, SO Beziers, XIII Catalan, Côte Basque, RC Roanne, US Lyon-Villeurbanne, Pau XIII ou Paris XIII). La sélection nationale joua son premier match international le 15 avril 1934 contre l’Angleterre (stade Buffalo à Montrouge).

La suppression des relations du rugby à XV français avec les pays anglo-saxons et l’engouement particulier du public, de la presse et des hommes politiques en faveur du rugby à XIII firent diminuer fortement les effectifs de la FFR, de 784 clubs en 1930 à 471 en 1939. En 1939, on recensait 200 clubs amateurs de rugby à XIII et trois grands clubs, Narbonne, Carcassonne et Brive, passaient du XV au XIII.

Le rugby à XIII français était semi-professionnel. Dans le Sud-Ouest, le rugby à XV l’était aussi, mais moins ouvertement.

Joueurs et fans français se sont passionnés pour le rugby à XIII. Fondé sur la course plutôt que sur d’interminables mêlées ouvertes, il épousait le style de bretteurs des français. Avant la seconde guerre mondiale, le XIII semblait voué à devenir la forme dominante du rugby en France. Mais il a connu un terrible revers de fortune.

 

Vichy

Au cours du XXe siècle, le sport a régulièrement servi les partisans de l’ordre et les régimes autoritaires dans leur projet d’endoctrinement et d’encadrement des masses. L’Italie fasciste et l’Allemagne nazie témoignent de cette instrumentalisation du sport à des fins idéologiques et propagandistes. Ce processus est également repérable dans la France du Gouvernement de Vichy.

Au lendemain de la défaite militaire de juin 1940, la France plonge dans une crise d’identité nationale qui la précipite dans le chaos. Le pays s’en remet alors au maréchal Philippe Pétain, présent dans le gouvernement depuis mai 1940. Le mythe du Sauveur, de l’homme providentiel, prend corps par le vote du 10 juillet 1940 qui donne au vieux héros de Verdun les pleins pouvoirs.

L’exécutif et le législatif entre ses mains, Pétain nomme et révoque les ministres et les secrétaires d’état, promulgue les lois et assure leur exécution. Si cette personnalisation du régime « Pétain c’est la France, la France c’est Pétain » s’apparente à celle mise en œuvre dans les régimes fascistes, Vichy se définit comme un régime autoritaire et charismatique, c’est à dire comme la rencontre d’un individu doté de vertus singulières et les attentes de la masse.

Cet autoritarisme, qui glisse vers le totalitarisme au fil de ces années noires, s’exerce dans tous les secteurs de la société et sous différentes facettes : une économie dirigée, une politique de maintien de l’ordre extrêmement répressive, une politique xénophobe et antisémite, une jeunesse mise au pas et un culte exacerbé du Maréchal.

Dans ce projet de renouveau, la formation des corps devient un objectif primordial.

« La culture physique sera à la base de la nouvelle éducation. Ce qui me tient le plus à cœur, c’est de faire comprendre à la nouvelle génération qu’on ne fait pas de grande race sans avoir de muscle » exhorte, dans ce sens, le premier commissaire à l’Education Générale et aux Sports, Jean Borotra.

De fait, à l’image de l’Italie ou de l’Allemagne, les hommes forts de Vichy ambitionnent de régénérer, de viriliser et de fortifier la nation. Pour mener à bien sa mission régénératrice, Vichy conduit une politique autoritaire envers l’école, les mouvements de jeunesse et le mouvement sportif.

Cette politique est marquée par la mise sous tutelle du mouvement sportif (régime des agréments, amateurisme, serment de l’athlète, etc.). Elle répond à des enjeux idéologiques dont l’un des piliers demeure l’assainissement moral et physique de la « race française ».

Pour mettre en place sa politique sportive, Vichy créé le Commissariat Général à l’Education Générale et Sportive (CGEGS) dès juillet 1940. Deux hommes s’y succèdent à sa tête : le tennisman Jean Borotra puis, à partir du 18 avril 1942, le rugbyman Joseph Pascot. Organe pyramidal, le CGEGS comme le souligne Jean-Louis Gay-Lescot est « une structure rigide dont la seule finalité demeure la dépendance et l’obéissance au pouvoir politique ».

Le 22 août 1940, Jean Ybarnegaray, président-fondateur de la Fédération française et Internationale de Pelote basque, secrétaire d’État à la Jeunesse et à la Famille déclara : « le sort du rugby à XIII est clair, il a vécu, rayé purement et simplement du sport français ».

Le 17 octobre 1940, Albert Ginesty, Président de la Fédération française de Rugby (rugby à XV) et Paul Voivenel (membre fondateur du Stade Toulousain et Président du Comité des Pyrénées de la Fédération Française de Rugby à XV, auteur en 1942 de l’ouvrage « Mon beau rugby » qui refuse l’existence du rugby à XIII [partie disparue lors des rééditions de 1962]), militent pour l’interdiction du rugby à XIII. Ils sont les auteurs du rapport remis à Jean Borotra, Commissaire général à l’Éducation générale et aux Sports.

Signalons que Jean Borotra restera un fidèle du Maréchal comme en témoigne son poste de président de l’association pour la défense de la mémoire du maréchal Pétain entre 1976 et 1980. Cette association créée à la mort de Pétain en 1951, regroupant d’anciens membres vichystes, milita pour une révision judiciaire de son procès.

Selon Voivenel, le « néorugby » est tellement exigeant du point de vue physique que sa pratique rend le joueur incapable de toute participation à la vie active.

Le journal de référence « l’AUTO », titre « à Toulouse on a décidé : demain tous les clubs à XIII joueront à XV, le rugby à XIII est MORT ».

L‘interdiction basée sur le rapport Voivenel, qui, en récompense deviendra Président d’honneur de la FFR (XV), est donc le fait de la FFR (XV) validée par le gouvernement de Vichy, puisque le texte ne paraîtra qu’en Décembre 1941.

Le Rugby à XIII fut aussi interdit, dès novembre 1940, aux clubs scolaires, collégiens, lycéens ou universitaires qui le pratiquaient depuis la saison 1935-36 (de 52 ils étaient passés à 79 pour la saison 1938-39); ceux-ci n’étaient pourtant pas membres de la LFR XIII mais étaient membres des fédérations sportives concernant le sport dans les écoles, les collèges, les lycées ou les universités.

L’organisation de l’enseignement de l’éducation physique et sportive française mise en place par les équipes du CGEGS, dès juillet 1940, avec la création du Centre National de Moniteurs et d’Athlètes (CNMA) à Antibes (qui deviendra plus tard l’INS à Vincennes) subsiste encore aujourd’hui, notamment au regard des seuls sports collectifs (football, handball, basket, volley et rugby à XV) toujours exclusivement enseignés de nos jours, et depuis cette date, par les centres de formation (CREPS puis STAPS) et dispensés à nos futurs professeurs d’éducation physique.

(Le Maréchal Pétain et Jean Borotra passent en revue les Moniteurs d’Antibes)

Le nouveau ministre des sports de Philippe Pétain et du nouveau gouvernement de Pierre Laval, nommé en avril 1942, Joseph Pascot (ex-directeur des sports depuis août 1940 dans le cabinet précédent de Jean Borotra, demi d’ouverture de Perpignan et de l’équipe de France de rugby à XV dans les années 20, devenu colonel d’active), est également un des acteurs principaux de l’interdiction et de la suppression du rugby à XIII.

Les effets de cette interdiction (cf. décret n° 5285 du 19.12.1941, Journal Officiel de l’Etat Français du 27 déc. 1941) sont immédiats pour le rugby à XIII :
– valent dissolution et perte d’avoirs tant pour les 13 clubs « professionnels » (c’est-à-dire qui dédommagent leurs joueurs) que pour tous les clubs amateurs de la Ligue Française de Rugby à XIII,
– des biens immobiliers ou mobiliers de la LFR XIII et de clubs sont saisis (dans les derniers jours de décembre 1941 et au 1er trimestre 1942) soit de 2 à 3 millions de francs de l’époque (équivalent en 2006 de 0,60 à 0,91 million d’euros). Certains pourraient avoir été partiellement captés par la Fédération française de Rugby à XV.

Dans les faits ce ne furent pas les plus de 200 clubs qui avaient constitué la LFR en juin 1940 qui étaient visés par ce décret et qui furent le plus atteints (ceux-ci avaient, depuis fin octobre 1940, soit arrêté toute activité sportive, soit s’étaient réinvestis dans d’autres sports voire s’étaient reconvertis dans le rugby à XV de la FFR sur les conseils, le 15 octobre 1940, des dirigeants de la LFR XIII), mais c’était la Ligue (Fédération) française de rugby à XIII (LFR XIII) devenue, à partir de décembre 1940, une coquille vide (plus de clubs membres, plus d’activités) qui était ciblée.

 

Après la seconde guerre mondiale

Alors que la Libération de la France est en cours, la ligue française de rugby à XIII reprend ses activités dès le 17 septembre 1944 à Toulouse : ses clubs, « invités » à pratiquer le jeu à XV durant les années de guerre (pour protéger autant que faire se peut leurs biens) reviennent en grand nombre dans la LFR XIII ainsi que les supporters de ce « néorugby ».

Mais des biens de toute nature ont disparu, ceux de la Ligue à Paris et à Bordeaux, ceux des ligues régionales et aussi dans les clubs : ils ont été saisis par le régime de Vichy et sa révolution nationale ou volés ou parfois ils pourraient aussi avoir été partiellement dévolus au rugby à XV.

Mais, sous la pression du rugby à XV (1er Protocole LFR XIII / République / FFR XV du 10 juillet 1947) et pour obtenir l’agrément définitif de la République Française, la LFR XIII est, à son Congrès d’Arcachon (2, 3, 4 juillet 1948), dans l’obligation de prendre un nouveau nom : Fédération Française de Jeu à XIII (le registre des délibérations et les statuts furent déposés à la Préfecture de la Gironde le 24 juillet 1948).

Le terme générique rugby est confisqué par les tenants du XV au profit exclusif du XV.

Par l’octroi d’un nouvel agrément publié au Journal Officiel du 22 avril 1949, la Ligue Française de Rugby à XIII (ordonnance et arrêtés 1945, 1946, 1949) devient la Fédération Française de Jeu à XIII.

Commence alors une nouvelle période de gloire. En 1951 l’équipe de France atteint son zénith, lors de la première tournée en Australie. Les australiens découvrent ce qu’ils considèrent, aujourd’hui encore, comme la plus grande équipe de tous les temps.

A leur retour d’Australie, plus de 100000 personnes les acclament dans les rues de Marseille (sans télévision, ni internet !)

Ce qui donne une idée de la popularité du « Jeu à XIII ».

Elle renouvellera cet exploit lors des tournées de 1955 et 1960.

Due à l’initiative de la Fédération Française de Jeu à XIII (FFJ XIII), soutenue par la RFL, a lieu, en France, la 1re édition de la Coupe du monde de rugby à XIII. Elle se déroule du 30 octobre au 13 novembre 1954 (finale à Paris-Parc des Princes [30.368 spectateurs payants]).

Paris, Parc des Princes

(l’Angleterre devient le premier champion du monde de rugby à XIII en battant la Fance 16 – 12)

Le succès est au rendez-vous mais les dirigeants du Jeu à XIII commettent l’erreur fatale de refuser la diffusion du championnat à la télévision à la fin des années 1950 : « à quoi bon, les stades sont pleins !« .

De plus, l’effet conjugué « télévision-Roger Couderc-Tournoi des Cinq Nations » remet le rugby à XV en selle.

Quasiment absent des écrans (sauf finale du championnat) le XIII survit mais il perd toute crédibilité en 1981, lors de la « finale de la honte » du championnat de France entre Villeneuve et le XIII Catalan : l’antenne est heureusement coupée après une bagarre générale de dix minutes.

Les treizistes disparaitront complètement des écrans de télévision de 1981 à 2006 (retour du XIII sur Sport+).

L’envie de retrouver la dénomination « rugby » n’ayant jamais disparu des têtes des dirigeants (comme ce fut le cas lors du Congrès de 1968), la tentative de réappropriation des noms « rugby à XIII » et « Fédération Française de Rugby à XIII » est refusée par le ministre des sports de l’époque.

Avant le point final de ce combat juridique de 45 ans et l’ultime arrêt de la Cour de cassation (4.06.1993), il y eu aussi des lueurs d’espoir (TGI Paris 29.09.1987) : « au motif pour la FFR -demanderesse- que la FFJ XIII utilisait le mot rugby dans sa nouvelle dénomination de FFR XIII prise à son Congrès de la Grande Motte du 29 juin 1985 -J.O. du 21.08.1985-, l’arrêt du Tribunal de Grande Instance de Paris du 29 septembre 1987 reconnaissant que le mot rugby est un terme générique, qu’il ne peut lui être attribué un monopole quant à son utilisation et, recommandant à la FFJ XIII la dénomination sociale Fédération de Rugby à XIII.

Jacques Soppelsa a rendu son honneur au XIII français en lui permettant de reprendre son nom. Après une guerre judiciaire engagée par la FFR (XV) en 1985, le 4 juin 1993 la justice française, dans son ultime arrêt pris par la Cour de cassation, déboute la FFR et donne finalement raison aux treizistes français.

Cet arrêt permet au jeu de rugby français à 13 joueurs de retrouver son nom originel de 1934 : « Rugby à XIII » et à la fédération le régissant de reprendre son nom originel de 1934 : « Fédération (ex Ligue) Française de Rugby à XIII ».

En conséquence, le 26 janvier 1994 le Journal Officiel de la République française confirme que la Fédération française de rugby à XIII a délégation de la République pour gérer le rugby à XIII en France.

Comme c’est souvent le cas dans la mémoire française des années noires, il est possible de conclure que la seule chose qui subsiste de cette histoire (peu glorieuse) reste le silence (elle est ignorée par l’immense majorité des pratiquants et supporters quinzistes).

Seuls quelques historiens spécialistes ont mis en lumière les réalités de cette période : Jean-Pierre Bodis et Robert Fassollette en France et Mike Rylance en Angleterre.

Il convient également de souligner que le journal L’EQUIPE, dans son supplément N° 21483 du samedi 11 mai 2013, a consacré l’essentiel de sa parution à cette histoire :

Depuis le 1er juin 1941 et la mise au programme de l’enseignement des professeurs d’éducation physique de 5 sports collectifs (football, handball, basket, volley et rugby à XV), programme toujours en vigueur aujourd’hui, le renouvellement des cadres (joueurs, dirigeants, arbitres), mais également des spectateurs, n’est pas assuré par l’école.

 

Aujourd’hui

Au moment où le rugby à XV est florissant mais où l’on peut, quelque fois, s’assoupir devant certains matchs en raison d’un temps de jeu effectif très souvent inférieur à 40 minutes, et où le score est parfois meublé par les buteurs, le rugby à XIII retrouve modestement droit de citer.

Avec l’avènement des Dragons Catalans, présents dans le meilleur championnat de l’hémisphère nord, la Super League, depuis 2006 et avec une visibilité retrouvée à la télévision sur les chaines de BeIn Sports, depuis juillet 2012, et les voix du célèbre duo de commentateurs : Rodolphe Pires et Louis Bonnery, mais également avec la participation de FR3, le XIII français se remet à espérer.

La signature, mardi 20 octobre 2015, à Paris, avec les Ministres de l’Education Nationale et de la Jeunesse et des Sports, ainsi qu’avec les fédérations scolaires de l’UNSS et de l’USEP, d’une convention destinée à favoriser la pratique du rugby à XIII de l’école primaire au lycée, constitue, pour l’avenir du XIII, le meilleur gage de son développement à long terme.

Le seul moyen d’ouvrir le ghetto géographique qui emprisonne le rugby à XIII français et de lutter contre sa consanguinité mortifère ne peut être qu’une solution de long terme liée à l’information et à la formation.

Enfin, signe de reconnaissance de l’importance de la contribution française à la création de la Coupe du monde de rugby à XIII, la Fédération Internationale (RLIF) vient de donner le nom de son créateur au trophée qui récompense le vainqueur de l’épreuve masculine, Paul Barrière trophy (Président de la Fédération Française de Jeu (Rugby) à XIII de 1947 à 1955).

A titre de comparaison le rugby à XIII a organisé 14 coupes du monde (depuis 1954) et est professionnel depuis 1898, le rugby à XV, 7 coupes du monde (depuis 1987) et est devenu professionnel en 1995.

La quinzième édition de la Coupe du monde de rugby à XIII et se déroulera du 27 octobre 2017 au 2 décembre 2017 en Australie, en Nouvelle-Zélande et en Papouasie Nouvelle-Guinée.

La Fédération Internationale a attribué l’organisation de la seizième édition de la Coupe du monde de rugby à XIII, en 2021, à l’Angleterre. Seize nations participeront à cette édition, contre quatorze actuellement, en raison du succès de cette compétition.

Enfin, la Fédération Internationale a recommandé la co-organisation, entre les Etats-Unis et le Canada, de la Coupe du monde 2025. Le président de la Fédération international, Nigel Wood, déclare à ce sujet :

« l’attribution de la Coupe du monde à l’Amérique du Nord est un moment historique pour le développement mondial du rugby à XIII. Les États-Unis et le Canada offrent des stades de classe mondiale alliés à une population multi-culturelle ce qui rend l’offre attrayante. Il est passionnant que notre sport se développe par cet événement qu’est la Coupe du monde et nous travaillerons avec nos membres, aux États-Unis et au Canada, et la société Moore Sports International, pour développer la présence du rugby à XIII dans ces pays ».

Cette désignation vient sept mois après la création du club canadien, le Toronto Wolfpack, créé pour disputer le Championnat d’Angleterre en intégrant sa troisième division, la League One, à partir de 2017. Paul O’Keefe, Président de la Fédération canadienne de rugby à XIII, déclare qu’au moins deux villes canadiennes accueilleront l’événement, à savoir Toronto et Vancouver, ajoutées à une volonté de la province d’Alberta.

Liste et cartes des clubs de Super League, Championship et League One en 2017

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