Le groupe des 19 du confinement

Au début de notre cinquième semaine de confinement qui coïncide avec l’annonce de l’arrêt définitif de la saison treiziste, il nous est apparu comme une évidence de vous proposer notre liste des 19. Notre sélection s’est affinée en deux étapes à partir d’une liste d’une centaine de noms, ramenée à une trentaine avant qu’un comité de sélection de trois personnes ne procède au choix définitif.

Il ne fait aucun doute qu’un autre comité de sélection aurait fait des choix différents ! C’est donc en toute humilité que nous vous proposons notre meilleure liste des 19.

Les 19

Hippocrate (grec) -460 à -377

Il a révolutionné intellectuellement la médecine de la Grèce antique. La médecine devient distincte et autonome d’autres domaines de la connaissance, comme la philosophie. C’est l’initiateur d’un style et d’une méthode d’observation clinique, et le fondateur des règles éthiques pour les médecins.”

Claude Galien (grec) 129 à 201

Auteur prolifique et génial, il fut l’auteur d’une recherche passionnée des réalités médicales. En s’appuyant à la fois sur la raison (logos) et l’expérience (empeiria) qu’il appelle ses deux jambes, il s’est efforcé tout au long de sa vie de construire un système explicatif global rassemblant toutes les parties de l’art médical et en procédant à des expérimentations sur les animaux.

Ibn Sina (ouzbek) 980 à 1035

Ibn Sīnā, dit Avicenne est un philosophe et médecin médiéval persan. Ses disciples l’appelaient cheikh el-raïs, le  prince des savants, le plus grand des médecins, le Maître par excellence, ou encore le troisième Maître (après Aristote et Al Farabi). Il est l’auteur de trois encyclopédies, Qanûn (Canon de la médecine), ash-Shifa (La guérison de l’âme) et Danesh-e Nâma (Livre de science). Son influence sera prédominante dans l’Occident médiéval latin jusqu’au XVIe siècle.

Ambroise Paré (français) 1509 à 1590

Ambroise Paré est souvent considéré comme le père de la chirurgie moderne, pour avoir été chirurgien des champs de bataille. Inventeur de nombreux instruments, il trouve des solutions face aux plaies nouvelles liées à l’utilisation généralisée des armes à feu. Il met au point la ligature des artères dans les amputations. Il publie des ouvrages dont son Anatomie universelle du corps humain. Le 1er , Catherine de Médicis le nomme premier chirurgien du roi Charles IX.

André Vésale (belge) 1514 à 1564

Anatomiste et médecin brabançon, il est considéré comme le plus grand anatomiste de la Renaissance, voire le plus grand de l’histoire de la médecine. Ses travaux mettront fin aux dogmes du galénisme qui bloquaient l’évolution scientifique depuis plus de mille ans aussi bien en Europe que dans le monde islamique. Il publie ses découvertes en 1543, dans une oeuvre monumentale en sept livres, de près de 700 pages abondamment illustrées, De humani corporis fabrica libri septem (La Structure Du Corps Humain).

William Harvey (anglais) 1578 à 1657

Médecin et professeur, on lui attribue la découverte et la démonstration de la circulation sanguine générale. Il fait aboutir les travaux initiés avant lui, vérifie les données en faisant ses propres observations. Il rend publique ses conclusions en 1628 dans son livre Exercitatio Anatomica de Motu Cordis et Sanguinis in Animalibus (Exercice Anatomique sur le Mouvement du Cœur et du Sang sur les Animaux).

Antoni Van Leeuwenhoek (néerlandais) 1632 à 1723

Après un apprentissage de drapier, il occupe diverses fonctions dans sa ville de Delft avant de se passionner pour la microscopie. Il s’inspire d’un compte-fils, une loupe rudimentaire utilisée pour analyser la texture des étoffes, pour développer ses microscopes et vérifier la pureté des tissus. Il décrit dans une longue lettre de dix-sept feuillets, datée du , ce que nous nommons aujourd’hui des  protozoaires. Son ignorance du latin, langue de la connaissance de l’époque, ne permit la reconnaissance de son travail que quelques années plus tard.

Edward Jenner (anglais) 1749 à 1823

Edward Jenner, médecin de campagne, constatait que les fermières en contact régulier, lors de la traite, avec la variole de la vache (vaccine ou Cowpox inoffensive pour les humains), étaient épargnées par les épidémies de variole.  Après avoir intensivement étudié ce phénomène, il préleva le du pus sur une pustule d’une jeune fille contaminée par la vaccine, et l’injecta à un jeune garçon de huit ans… Le virus de la vaccine est la l’origine des noms de vaccin et vaccination, et Edward Jenner est considéré aujourd’hui comme le fondateur de l’immunologie.

Xavier Bichat (français) 1771 à 1802

Il est nommé professeur en 1797 et médecin de l’Hôtel-Dieu en 1800, à peine âgé de 29 ans. Remplissant cette double fonction, il fait d’immenses recherches anatomiques et publie des ouvrages marquants, notamment Anatomie descriptive pour lequel il a disséqué près de 600 cadavres. Il étudie, à travers l’autopsie et l’expérimentation physiologique, le rôle des tissus comme unités anatomiques fondamentales pour l’explication des propriétés physiologiques et des modifications pathologiques de l’organisme.

René Laennec (français) 1781 à 1826

Il fonde une nouvelle pratique qui permet d’analyser les bruits corporels internes et de les relier à des lésions anatomiques, ce qui se révélera particulièrement utile pour le diagnostic des maladies respiratoires, dont la phtisie ou la tuberculose. En , il présente ses découvertes dans un discours à l’Académie des sciences, et en 1819, il publie son Traité d’auscultation médiate où il classe les bruits émis dans le thorax.

Claude Bernard (français) 1813 à 1878

Il est considéré comme le fondateur de la médecine expérimentale (issue du positivisme qui prévaut dans la seconde moitié du XIXème siècle). Il propose au monde des sciences les notions de milieu intérieur et d’homéostasie. En biologie, l’homéostasie est un phénomène par lequel un facteur clé (par exemple la température du corps, le taux de sucre sanguin, le degré d’acidité d’un milieu, etc…) est maintenu autour d’une valeur bénéfique pour le système considéré, grâce à un processus de régulation. Il pose les fondements de la physiologie moderne.

Louis Pasteur (français) 1822 à 1895

Passé par l’École Normale, il devient agrégé-préparateur de chimie et soutient en 1847 ses thèses de doctorat en sciences (ses travaux sur la chiralité moléculaire lui vaudront la médaille Rumford en 1856). Il est un des premiers en France à établir des relations fructueuses entre l’enseignement supérieur et l’industrie chimique (fermentation). Ces recherches sur les fermentations le mènent à l’étude des maladies contagieuses. En 1880, il découvre le staphylocoque. Il est un des pionniers de la microbiologie.

Jean-Martin Charcot (français) 1825 à 1893

Neurologue, il est l’un des fondateur de la neurologie moderne et l’un des grands promoteurs de la médecine clinique et une figure du positivisme. Il marque l’histoire de la gériatrie en établissant la différence entre la goutte et le rhumatisme articulaire chronique. En 1868, il décrit avec son camarade de faculté Alfred Vulpian la sclérose en plaques, qu’il différencie de la maladie de Parkinson et, l’année suivante, la sclérose latérale amyotrophique à laquelle son nom restera attaché (maladie de Rob Burrow). A partir de 1878, il reprend des recherches sur l’hypnose et l’hystérie qui ont inspiré à la fois Pierre Janet et Sigmund Freud.

Joseph Lister (anglais) 1827 à 1912

”Il fut un des premiers à comprendre que bien des maladies post-opératoires étaient dues aux déplorables conditions d’hygiène que connaissaient alors tous les hôpitaux. On dit de lui qu’il est le Père de l’antisepsie et de la chirurgie moderne. Il publia les résultats de ses premiers essais réussis en 1867 dans le « Lancet » sous le titre « Le principe de l’asepsie dans la pratique de la chirurgie ». Il parvint en 1869 à réduire le taux de mortalité opératoire de 40 à 15%. Il eut la chance de constater le résultat de son travail de son vivant.

Wilhelm Röntgen (allemand) 1845 à 1923

Physicien, il découvre les rayons X en 1895, ce qui lui vaut de recevoir la médaille Rumford en 1896 et le premier prix Nobel de physique en 1901. Il place divers objets entre une plaque photographique et une source de rayonnement et il se rend compte qu’ils ont une transparence variable. À la suite d’autres expériences, il constate que les nouveaux rayons sont produits par l’impact des rayons cathodiques sur un objet matériel. Plus tard, Max von Laue et ses étudiants démontreront que ces rayons sont de nature électromagnétique, tout comme la lumière.

Karl Landsteiner (autrichien) 1868 à 1943

Biologiste et médecin, il découvre les premiers groupes sanguins par la réaction d’hémagglutination en 1900 ; publiée dans une revue allemande, ses travaux restent relativement inaperçus. Cette découverte aboutit en 1909 au système moderne de classification des groupes sanguins, le système ABO. En 1909, il découvre avec Constantin Levaditi et Erwin Popper le Poliovirus. En 1940, il découvre avec Alexander Wiener le facteur Rhésus qui permettra de réaliser des transfusions sanguines de plus en plus sûres pour les receveurs.”

Alexander Fleming (écossais) 1881 à 1955

Médecin, biologiste et pharmacologue, il découvre le lysozyme qui a joué un rôle important dans l’étude des mécanismes enzymatiques bien que cette découverte n’ait pas donné lieu à des applications thérapeutiques. Elle oriente cependant ses recherches et il met en évidence les propriétés d’une substance antibiotique appelée pénicilline qu’il a isolée à partir du champignon  Penicillium notatum en 1928, découverte pour laquelle il a partagé le prix nobel de physiologie ou médecine avec Howard Walter Florey et Ernst Boris Chain en 1945.

James Watson & Francis Crick (américain et anglais) 1928 à , et 1916 à 2004

”Généticien et biochimiste américain, James Watson et Francis Crick, physicien anglais avec Maurice Wilkins, physicien neo-zélandais spécialiste des rayons X. Le 25 avril 1953, ils publient dans le revue Nature la description de la structure de l’ADN (acide désoxyribonucléique). Ils doivent une partie de cette découverte à Rosalind Franklin (physico-chimiste anglaise 1920 à 1958). Cette découverte, renforcée par le schéma de la double hélice, emporte l’adhésion de la communauté scientifique. Grâce à la cristallographie, Wilkins confirme immédiatement la structure de l’ADN modélisée par Watson et Crick.”

Françoise Barré-Sinoussi (française) 1947 à

Chercheuse en virologie, avec Willy Rozembaum, Francoise Brun-Vézinet et Jean-Claude Chermann, elle publie le 20 mai 1983 un article dans la revue Science sur la découverte d’un nouveau rétrovirus, nommé alors LAV (Lympho-adénopathy Associated Virus), qui sera renommé VIH-1. Elle reçoit le prix Nobel de physiologie ou médecine en 2008 avec Luc Montagnier (le directeur administratif d’unité) . Elle est nommée le 24 mars 2020, présidente du Comité analyse recherche et expertise (CARE) installé par la Présidence de la République dans le cadre de la lutte contre la pandémie de Covid-19 en France.”

Conclusion

Restez chez vous !